Invalidité pour travailleurs indépendants : ce que vous devez savoir en 2024

📋 En bref

  • Les travailleurs indépendants, en hausse depuis 2010, manquent souvent de protection en cas d'invalidité.
  • L'invalidité est définie par une perte durable de plus de deux tiers de la capacité de travail, distincte de l'incapacité liée à un accident professionnel.
  • Le régime d'assurance invalidité-décès, approuvé en 2023, offre des protections spécifiques pour ces travailleurs.

Invalidité Travailleur Indépendant : plan d’article SEO détaillé et optimisé #

Introduction : Pourquoi l’Invalidité est un Enjeu Majeur pour les Travailleurs Indépendants ? #

Le nombre de travailleurs indépendants a augmenté de façon soutenue depuis 2010, stimulé par le régime de la micro-entreprise, l’essor du freelancing numérique et la montée des plateformes (livraison, VTC, services à la demande). Cette évolution, analysée par des organismes comme la Dares et l’INSEE, s’accompagne d’un paradoxe fort : nous gagnons une vraie liberté entrepreneuriale, mais nous perdons en protection automatique par rapport au salariat classique, en particulier face à une invalidité longue durée.

Sur le terrain, nous constatons que la majorité des indépendants connaissent mal leurs droits à pension d’invalidité, ignorent le fonctionnement du régime invalidité-décès prévu pour les affiliés visés par l’article L.631-1 du Code de la sécurité sociale, et sous-estiment l’impact financier d’une baisse durable de capacité de travail. Une perte de plus de 66 % de capacité de gain peut faire chuter un revenu de 40 000 € annuels à moins de 15 000 €, si aucune prévoyance complémentaire n’a été souscrite.

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  • Enjeu financier : maintenir un niveau de vie décent malgré l’arrêt total ou partiel d’activité.
  • Enjeu juridique : faire reconnaître son invalidité par le médecin-conseil et respecter les procédures.
  • Enjeu retraite : préserver ses droits à une retraite au taux plein malgré une carrière interrompue.

Qu’est-ce que l’Invalidité pour un Travailleur Indépendant ? #

Sur le plan juridique, l’invalidité d’un travailleur indépendant correspond à une perte durable d’au moins deux tiers de la capacité de travail ou de gain, causée par une maladie ou un accident non professionnel, et entraînant une impossibilité d’exercer une activité professionnelle dans des conditions normales. Cette définition, retenue par la CPAM et le régime des indépendants, se distingue de l’incapacité liée à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, qui relève d’autres dispositifs (rentes spécifiques, reconnaissance d’AT/MP, etc.).

Nous devons bien différencier :

  • Invalidité : pension d’invalidité, liée à une perte durable de capacité de travail ou de gain d’au moins 2/3, pour des causes non professionnelles.
  • Incapacité au travail : arrêt temporaire suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle, indemnisé différemment.
  • Handicap : notion plus large, appréciée par la MDPH, ouvrant à la RQTH et à des aides spécifiques (AAH, aménagements, etc.).

Le régime d’assurance invalidité-décès des travailleurs indépendants, approuvé par l’arrêté du 1er août 2023 publié sur Legifrance, prévoit deux types majeurs de situation :

  • Incapacité partielle au métier (PIPM) : perte de capacité de travail supérieure à 2/3, mais maintien possible d’une activité réduite. Un artisan plombier de Lyon, affilié depuis 10 ans, victime d’une lourde pathologie du dos, peut continuer à gérer les devis et la relation client, mais ne peut plus intervenir sur les chantiers.
  • Invalidité totale et définitive (PITD) : impossibilité de se livrer à une activité rémunératrice quelconque, par exemple un développeur web freelance à Toulouse atteint d’une maladie neurologique dégénérative très invalidante.

La CPAM et la SSI utilisent par ailleurs la classification en catégories 1, 2 et 3 :

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  • Catégorie 1 : invalides encore capables d’exercer une certaine activité professionnelle, correspondant en pratique à l’invalidité partielle du TNS.
  • Catégorie 2 : invalides dans l’incapacité d’exercer une quelconque activité professionnelle, assimilables à l’invalidité totale.
  • Catégorie 3 : invalides de catégorie 2 nécessitant l’aide d’une tierce personne pour les actes essentiels de la vie quotidienne.

Nous voyons, dans les dossiers suivis par les caisses, des cas très concrets : un commerçant de Marseille victime d’un burn-out sévère et de troubles anxio-dépressifs prolongés, une avocate inscrite au barreau de Paris souffrant d’une sclérose en plaques évolutive, ou encore un photographe auto-entrepreneur de Bordeaux ayant perdu la vision d’un œil après un traumatisme. Tous relèvent de la logique d’invalidité du travailleur indépendant, sous réserve d’une évaluation médicale précise.

Comment est reconnue l’Invalidité d’un Travailleur Indépendant ? #

La reconnaissance de l’invalidité ne dépend jamais d’une simple déclaration unilatérale de l’indépendant, mais d’une décision de la caisse d’assurance maladie, après avis du médecin-conseil. Ce dernier, rattaché à la CPAM ou à la caisse des indépendants, évalue la situation médicale, la capacité fonctionnelle, l’impact sur l’activité professionnelle, et l’éventuel caractère durable des séquelles.

Les critères principaux sont les suivants :

  • Réduction d’au moins deux tiers de la capacité de travail ou de gain, par rapport à une situation de pleine santé.
  • Caractère durable de la situation, avec maladie stabilisée, séquelles persistantes ou pathologie évolutive lourde.
  • Impossibilité d’exercer son métier dans des conditions normales, ou accès à l’emploi extrêmement restreint sur le marché.

La pension d’invalidité peut être :

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  • Attribuée à votre initiative, à la suite d’une demande formelle, souvent après plusieurs mois ou années d’arrêt de travail indemnisé.
  • Proposée par l’Assurance maladie, en particulier après une période prolongée d’indemnités journalières supérieure à trois ans, comme le rappellent des assureurs comme AG2R La Mondiale ou Harmonie Mutuelle.

Les dossiers que nous analysons montrent par exemple des demandes d’invalidité acceptées pour des affections de longue durée (ALD) comme la polyarthrite rhumatoïde, certaines pathologies cancéreuses, ou des troubles psychiatriques sévères, lorsque la reprise durable de l’activité apparaît impossible. À l’inverse, des refus sont notifiés quand le médecin-conseil considère que la capacité de travail reste suffisante ou que la situation peut encore évoluer favorablement.

Les Démarches à Suivre pour Obtenir une Pension d’Invalidité en Tant qu’Indépendant #

Le parcours administratif doit être anticipé, structuré, et documenté. Nous recommandons une démarche en plusieurs étapes, en lien étroit avec votre médecin traitant et votre caisse d’assurance maladie.

  • Étape 1 – Constat de la baisse durable de capacité de travail : arrêts répétés, baisse marquée du chiffre d’affaires, fatigue chronique, hospitalisations, séquelles d’accident.
  • Étape 2 – Consultation médicale approfondie : votre médecin généraliste ou un spécialiste (rhumatologue, psychiatre, neurologue, etc.) rédige un certificat médical détaillé décrivant votre état clinique, les limitations fonctionnelles, l’impact sur votre métier et le caractère durable de la situation.
  • Étape 3 – Contact avec la caisse compétente : CPAM pour la majorité des TNS, MSA pour les non-salariés agricoles, ou caisse dédiée pour certaines professions libérales.
  • Étape 4 – Constitution du dossier : certificats médicaux, comptes de résultats ou déclarations de BIC/BNC, avis d’imposition, attestations de cotisations, relevés de carrière.
  • Étape 5 – Examen par le médecin-conseil : évaluation médicale, classification en catégorie 1, 2 ou 3, vérification des conditions d’affiliation et de cotisation.
  • Étape 6 – Notification : courrier d’accord, de refus, ou de demande de compléments, avec possibilité de recours.

Les délais moyens observés, selon les caisses départementales, se situent entre 2 et 4 mois entre la demande complète et la décision. La pension d’invalidité peut être attribuée pour une durée révisable, avec réexamen périodique en cas d’évolution de votre état de santé. En cas de désaccord, vous pouvez saisir la Commission de recours amiable (CRA), puis le pôle social du tribunal judiciaire de votre département.

Conditions d’Éligibilité à la Pension d’Invalidité pour un Travailleur Indépendant #

Pour accéder à la pension d’invalidité TNS, nous devons remplir à la fois des conditions administratives et des conditions médicales. Le dispositif est strict, mais cohérent avec la logique de sécurité sociale contributive.

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Sur le plan administratif, les règles issues du régime général, adaptées aux indépendants, imposent notamment :

  • Affiliation à la Sécurité sociale ou à la SSI depuis au moins 12 mois au moment de l’arrêt de travail ou de la constatation de l’invalidité.
  • Cotisations sur un revenu minimum : pour les indépendants, des documents comme le guide de Dougs ou Harmonie Mutuelle rappellent la référence d’au moins 10 % du Plafond Annuel de la Sécurité sociale (PASS), ou l’équivalent de 2 030 fois le Smic horaire sur les 12 derniers mois, selon les situations.
  • Être à jour de ses cotisations maladie et vieillesse, auprès de l’Urssaf et de la caisse de retraite.
  • Ne pas avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite ni l’âge du taux plein automatique : la pension d’invalidité bascule alors en pension de vieillesse.

Sur le plan médical, les conditions sont claires :

  • Perte d’au moins 2/3 de la capacité de travail ou de gain, appréciée par le médecin-conseil.
  • État stabilisé, séquelles durables, maladie chronique ou affection de longue durée à fort retentissement fonctionnel.
  • Reconnaissance formelle de l’invalidité par la caisse, avec classement en catégorie 1, 2 ou 3.

Nous pouvons illustrer ces critères :

  • Un artisan menuisier de Nantes, affilié depuis 5 ans, victime d’une fracture vertébrale avec limitation permanente de port de charges lourdes, voit reconnaître une invalidité partielle : PIPM, catégorie 1.
  • Une psychologue libérale de Strasbourg, souffrant depuis 3 ans d’un trouble bipolaire sévère avec hospitalisations répétées, obtient une invalidité totale : PITD, catégorie 2.
  • Un consultant indépendant qui vient de démarrer, affilié depuis 6 mois seulement, ne remplit pas la condition d’ancienneté : aucune pension d’invalidité, nécessité de se tourner vers le RSA ou d’autres aides.

Les Types de Pensions d’Invalidité pour les Travailleurs Indépendants #

Le régime d’assurance invalidité-décès des TNS, tel qu’approuvé par l’arrêté du 1er août 2023, distingue clairement deux types de pensions, auxquelles s’ajoute, dans certains cas, une logique de tierce personne.

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  • Pension pour incapacité partielle au métier (PIPM) – Invalidité partielle, catégorie 1 : le travailleur indépendant peut encore exercer une activité, mais avec une capacité réduite, et une perte de gain supérieure aux 2/3. La pension représente en principe environ 30 % du revenu annuel moyen, avec un plafond mensuel. Des acteurs comme AG2R La Mondiale évoquent un plafond proche de 1 030 à 1 100 € par mois, tandis que Harmonie Mutuelle indique un plafond de 1 099,80 € / mois depuis le 1er avril 2023.
  • Pension d’invalidité totale et définitive (PITD) – Invalidité totale, catégorie 2 : impossibilité d’exercer une activité rémunérée, la pension représente environ 50 % du revenu annuel moyen, plafonnée autour de 1 700 à 1 830 € / mois selon les données en vigueur.
  • Catégorie 3 avec majoration pour tierce personne : pour les indépendants qui nécessitent une aide quotidienne, une majoration spécifique, plafonnée à près de 2 840 € / mois selon certaines documentations, peut s’ajouter.

Le régime légal reste un socle, que nous jugeons trop faible pour de nombreux profils urbains avec charges élevées. D’où l’intérêt croissant des contrats de prévoyance complémentaire, proposés par des assureurs comme Swiss Life, Generali France, AXA France ou Groupama, qui ajoutent une rente d’invalidité pouvant porter la couverture à 60–80 % du revenu antérieur.

Exemple chiffré concret : un consultant indépendant à Lille, déclarant un revenu annuel moyen de 30 000 € :

  • Catégorie 1 : 30 % × 30 000 € = 9 000 € / an, soit 750 € / mois, sous réserve du plafond réglementaire.
  • Catégorie 2 : 50 % × 30 000 € = 15 000 € / an, soit 1 250 € / mois, toujours dans la limite du plafond légal.

Comment se Calcule la Pension d’Invalidité d’un Travailleur Indépendant ? #

Le montant repose sur un élément central : le revenu annuel moyen (RAM), calculé généralement sur les dix meilleures années d’activité pour les régimes alignés, comme l’indiquent des sources comme Harmonie Mutuelle. Pour un TNS, il s’agit du revenu professionnel imposable soumis à cotisations sociales (BIC ou BNC), et non du chiffre d’affaires.

  • Catégorie 1 – Invalidité partielle : pension = 30 % du revenu annuel moyen, avec un plafond mensuel.
  • Catégorie 2 – Invalidité totale : pension = 50 % du revenu annuel moyen, avec un plafond plus élevé.
  • Catégorie 3 – Tierce personne : 50 % du RAM + une majoration pour l’aide humaine.

Le système intègre des notions de planchers et plafonds : une pension minimale est versée pour les revenus très faibles, et un maximum légal limite les montants, même si le revenu moyen était très élevé. La pension est révisable en cas de modification des revenus ou de l’état de santé.

Quelques scénarios illustratifs :

  • Revenu annuel moyen de 20 000 € : catégorie 1 → 6 000 €/an (500 €/mois), catégorie 2 → 10 000 €/an (≈ 833 €/mois).
  • Revenu annuel moyen de 40 000 € : catégorie 1 → 12 000 €/an (1 000 €/mois, pouvant être calés sur le plafond d’environ 1 100 €), catégorie 2 → 20 000 €/an (1 666 €/mois, proche du plafond de ≈ 1 830 €).
  • Revenu annuel moyen de 60 000 € : catégorie 1 → 18 000 €/an (1 500 €/mois, mais plafonné autour de 1 100 €), catégorie 2 → 30 000 €/an (2 500 €/mois, plafonné autour de 1 800 €).

Nous attirons votre attention sur le cumul avec des revenus d’activité : si vous percevez une pension d’invalidité et que vous continuez à travailler, la caisse surveille le total pension + revenus. Un dépassement répété sur deux trimestres consécutifs peut entraîner une réduction, suspension ou révision de la pension, comme le rappellent des acteurs comme Dougs dans leurs exemples chiffrés.

Cumul Pension d’Invalidité et Revenus d’Activité Indépendante #

Beaucoup d’indépendants souhaitent adapter leur activité plutôt que l’arrêter totalement. La réglementation permet, dans un certain nombre de cas, le cumul d’une pension d’invalidité et de revenus professionnels, surtout pour les invalides de catégorie 1. Notre avis est qu’il s’agit d’un levier utile pour préserver vos compétences, votre réseau et une partie de vos revenus.

  • En catégorie 1, le cumul pension + revenu d’activité est possible, tant que le total reste en dessous d’un seuil, souvent calé sur le revenu de référence ou un multiple du Smic.
  • En catégories 2 et 3, le cumul est plus encadré et doit rester cohérent avec la notion d’ impossibilité ? ou de forte restriction d’accès à un emploi.
  • Des exemples issus de simulateurs d’experts-comptables montrent des plafonds de cumul trimestriels, avec révision possible après deux trimestres de dépassement.

Un cas concret : un graphiste indépendant à Montpellier, reconnu invalide de catégorie 1, perçoit une pension d’environ 450 € / mois sur la base d’un RAM de 18 000 €. La caisse fixe un plafond de revenus d’activité à environ 1 050 € / mois. Tant qu’il reste sous ce seuil, le cumul est intégral. S’il dépasse cette limite deux trimestres de suite, sa pension peut être revue à la baisse ou suspendue.

Invalidité, Revenus et Impact sur la Retraite du Travailleur Indépendant #

La pension d’invalidité vise à compenser une perte de revenus, mais les montants restent souvent modestes, surtout en zone urbaine avec loyers élevés et charges familiales. Nous estimons que beaucoup de TNS sous-estiment la baisse de niveau de vie, notamment pour des revenus initiaux supérieurs à 40 000 € annuels.

  • La pension d’invalidité n’est pas imposée comme un salaire, mais elle entre dans le calcul de certains plafonds sociaux.
  • Elle ne remplace généralement qu’une fraction du revenu d’activité, ce qui justifie la souscription d’une retraite complémentaire et d’une prévoyance invalidité.

Sur la retraite, la réglementation présente un avantage : les bénéficiaires d’une pension d’invalidité peuvent accéder, à l’âge de la retraite, à une pension de vieillesse au taux plein, même s’ils n’ont pas validé tous les trimestres normalement requis. Des assureurs comme Generali France rappellent cette règle, qui permet à un indépendant mis en invalidité à 50 ans d’éviter une décote trop sévère sur sa future pension.

Exemple : une cheffe d’entreprise individuelle à Rennes, mise en invalidité totale à 52 ans, cesse pratiquement toute activité. Elle perçoit une pension d’invalidité jusqu’à l’âge légal de la retraite (62 ou 64 ans selon la réforme en vigueur), puis bascule sur une pension de vieillesse au taux plein, même si elle a validé moins de 172 trimestres. Elle peut ensuite, si sa santé le permet, envisager un cumul emploi-retraite avec une activité partielle.

Aides Sociales Complémentaires et Allocation Supplémentaire d’Invalidité #

Lorsque la pension d’invalidité et les revenus résiduels restent très faibles, des dispositifs complémentaires peuvent être mobilisés. L’un d’eux, souvent méconnu des indépendants, est l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI).

L’ASI est destinée aux personnes résidant en France, dont l’invalidité réduit d’au moins 2/3 la capacité de travail ou de gain, et dont les ressources annuelles ne dépassent pas un certain seuil. Un dépliant de la Sécurité sociale des indépendants indique par exemple un plafond d’environ 8 457,76 € par an pour une personne seule, montant régulièrement revalorisé.

  • L’ASI complète la pension d’invalidité pour atteindre un minimum vital.
  • Elle est révisée en fonction des ressources globales du foyer.
  • Elle peut être cumulée avec d’autres aides, dans la limite des plafonds.

Les indépendants peuvent aussi se tourner vers :

  • Le Revenu de solidarité active (RSA), géré par les conseils départementaux, en cas d’absence ou de faiblesse de ressources.
  • L’Allocation aux adultes handicapés (AAH), gérée par la Caisse d’allocations familiales (CAF) et la MDPH, dans certaines configurations.
  • Les aides locales (fonds d’action sociale des caisses de retraite, aides des centres communaux d’action sociale (CCAS), dispositifs régionaux).

Un exemple typique : un coiffeur indépendant à Rouen, célibataire, perçoit une petite pension d’invalidité de 450 € / mois, sans autre ressource. Ses ressources annuelles restent sous le seuil de l’ASI, ce qui lui permet de demander cette allocation pour sécuriser un revenu minimal.

Assurance Prévoyance et Stratégies pour Mieux se Protéger en Tant qu’Indépendant #

Notre position est claire : la pension d’invalidité légale constitue un socle indispensable, mais très insuffisant pour maintenir un niveau de vie confortable, surtout en cas d’invalidité totale. Les comparatifs publiés par des groupes comme Swiss Life, AG2R La Mondiale ou Generali France montrent qu’un TNS sans prévoyance peut voir ses revenus divisés par deux, voire par trois, du jour au lendemain.

Un contrat de prévoyance invalidité dédié aux indépendants permet de :

  • Percevoir des indemnités journalières renforcées en cas d’arrêt de travail.
  • Bénéficier d’une rente d’invalidité complémentaire, qui s’ajoute à la pension de base.
  • Garantir un capital décès ou une rente éducation pour les enfants.

Les critères à analyser avec un courtier spécialisé ou un conseiller en protection sociale sont nombreux :

  • Niveau de couverture : invalidité partielle seule, ou invalidité partielle + totale, définition de l’invalidité professionnelle versus générale.
  • Délais de carence : nombre de jours avant le déclenchement des garanties.
  • Exclusions : sports à risque, pathologies psychiatriques, affections dorsales non objectivées.
  • Montant des rentes : objectif de couverture globale (pension légale + rente privée) autour de 70–80 % du revenu antérieur.
  • Revalorisation annuelle sur un indice (inflation, point de retraite, etc.).

Nous voyons sur le terrain deux profils très contrastés :

  • Un consultant en stratégie à Paris, ayant souscrit une prévoyance chez Swiss Life, perçoit en cas d’invalidité totale une rente complémentaire de 1 800 € / mois, qui, ajoutée à sa pension légale, lui assure environ 75 % de son ancien revenu.
  • Un livreur auto-entrepreneur sans couverture privée, se retrouve avec une pension d’invalidité de base de 600 € / mois, loin de ses charges réelles, ce qui l’oblige à solliciter des aides sociales et à revoir drastiquement son niveau de vie.

Ressources, Interlocuteurs Clés et Accompagnements Disponibles #

Face à la complexité des textes (articles L.341-1 et suivants, L.631-1, arrêté du 1er août 2023), nous conseillons de ne pas rester seul. Des interlocuteurs spécialisés peuvent vous accompagner à chaque étape, depuis l’évaluation médicale jusqu’à la contestation d’une décision.

  • Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ou SSI : information sur vos droits à pension d’invalidité, formulaires, suivi du dossier, explications sur le calcul.
  • MSA pour les non-salariés agricoles : gestion des pensions d’invalidité spécifiques aux exploitants.
  • Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) : reconnaissance de la RQTH, accès à l’AAH, orientation vers des aides à la mobilité ou à l’aménagement du logement.
  • Services sociaux des caisses de retraite (ex : CARSAT), des communes, ou des départements : accompagnement social, aides financières ponctuelles, analyse budgétaire.
  • Associations de patients (ex : France Assos Santé, Ligue contre le Cancer) et organisations professionnelles (syndicats d’artisans, unions de professions libérales) : soutien psychologique, groupes de parole, informations pratiques.

Pour approfondir, nous suggérons de consulter :

  • Les portails officiels de l’Assurance Maladie et de monparcourshandicap.gouv.fr.
  • Les sites des grands assureurs spécialisés TNS : Swiss Life France, AG2R La Mondiale, Generali France.
  • Les guides de cabinets d’expertise comptable orientés indépendants, comme Dougs ou In Extenso, pour les aspects fiscaux et sociaux.

Conclusion : Synthèse, Points de Vigilance et Passage à l’Action #

L’invalidité du travailleur indépendant est un régime précisément encadré par le Code de la sécurité sociale et les textes récents, notamment l’arrêté du 1er août 2023. Elle ouvre droit, sous conditions d’affiliation et de cotisations, à une pension d’invalidité calculée en pourcentage du revenu annuel moyen, avec des taux de 30 % ou 50 % selon la catégorie, assortis de plafonds mensuels définis par l’Assurance maladie.

  • Points de vigilance : ancienneté d’affiliation (12 mois), niveau de revenus soumis à cotisations, actualisation régulière des documents médicaux, respect des délais et voies de recours.
  • Enjeux financiers : montants modestes de la pension de base, nécessité d’anticiper par une prévoyance privée si l’on veut sécuriser 60–80 % de son revenu.
  • Enjeux retraite : possibilité d’accéder à une retraite au taux plein à l’âge légal, même en cas de carrière écourtée, et rôle clé de la retraite complémentaire.

Nous vous invitons à :

  • Faire rapidement un point avec votre médecin traitant sur votre capacité de travail et l’opportunité d’une demande d’invalidité.
  • Contacter votre caisse d’assurance maladie pour vérifier vos droits, vos périodes d’affiliation et simuler le montant potentiel de pension.
  • Rencontrer un conseiller en protection sociale ou un courtier spécialisé TNS afin d’analyser votre couverture actuelle et de calibrer une prévoyance invalidité-décès adaptée à votre niveau de vie et à vos charges.
  • Commencer à vous documenter à partir de sources officielles et de guides spécialisés, pour maîtriser les termes techniques (PIPM, PITD, catégories 1, 2, 3, RAM, PASS) et agir en connaissance de cause.

Nous considérons que, pour un travailleur indépendant, anticiper le risque d’invalidité est un acte de gestion aussi stratégique que le choix de sa structure juridique ou de sa politique tarifaire. Plus la réflexion est engagée tôt, plus la marge de manœuvre reste large pour protéger vos revenus, votre famille et votre avenir à la retraite.

🔧 Ressources Pratiques et Outils #

📍 AGEFIPH – Aide à l’Insertion Professionnelle

Adresse : 192 avenue Aristide Briand, 92226 Bagneux Cedex
Site officiel : agefiph.fr
Contacts : Formulaires en ligne et numéros régionaux disponibles sur le site.

🛠️ Outils et Calculateurs

Outils de simulation et formulaires en ligne AGEFIPH : demandes d’aide création, aménagement de poste, RLH (via espace usagers sur agefiph.fr).

👥 Communauté et Experts

Cap emploi 75 (Paris) – Accompagnement vers l’emploi des personnes handicapées.
Adresse : 171 avenue de Clichy, 75017 Paris
Téléphone : 01 55 37 01 01
Email : accueil@capemploi75.org
Site : capemploi75.org

💡 Résumé en 2 lignes :
Les travailleurs indépendants en situation d’invalidité peuvent bénéficier d’aides spécifiques via AGEFIPH et Cap emploi, avec des outils d’accompagnement et de simulation disponibles en ligne.

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