Prévoyance TNS obligatoire : tout ce que vous devez savoir #
Introduction : pourquoi parler de prévoyance TNS obligatoire ? aujourd’hui ? #
Les réformes successives de la protection sociale des indépendants, notamment depuis la disparition du RSI au profit de la SSI en 2018, ont mis en lumière l’écart persistant entre le niveau de couverture des salariés et celui des TNS. En 2025, la SSI plafonne les indemnités journalières à environ 50 % du revenu moyen, avec un plafond voisin de 65 € par jour et une durée maximale d’environ 360 jours. Au-delà, sans contrat de prévoyance complémentaire, beaucoup d’indépendants se retrouvent à devoir financer seuls leurs dépenses courantes, leurs charges professionnelles et leurs crédits.
- Revenus fragiles : un arrêt de travail, même de quelques semaines, peut déséquilibrer la trésorerie d’un artisan du bâtiment à Lille ou d’un consultant en stratégie à Paris.
- Protection publique limitée : les régimes SSI, CNAVPL, CNBF assurent un socle de base, mais souvent très éloigné du revenu habituel du TNS.
- Responsabilité personnelle : l’absence d’employeur signifie pas de maintien de salaire conventionnel ni de mutuelle d’entreprise collective.
Nous devons distinguer deux réalités. La prévoyance obligatoire au sens strict correspond aux régimes de base et complémentaires imposés par la loi ou par certaines caisses professionnelles, qui versent des prestations standardisées en cas de maladie, d’invalidité ou de décès. À côté, la prévoyance complémentaire privée pour TNS – contrats individuels souscrits auprès d’acteurs comme Allianz France, AG2R La Mondiale, Verspieren ou Axa France – n’est pas imposée à tous par un texte législatif, mais elle devient, au regard des chiffres récents, quasi incontournable pour maintenir son niveau de vie.
- Intention de recherche : de nombreux TNS souhaitent vérifier s’ils sont en règle, comprendre les risques juridiques et comparer les solutions de marché.
- Enjeux économiques : la hausse du coût de la vie depuis 2022 accentue l’impact d’une perte de revenu, surtout dans les grandes métropoles.
- Perspectives réglementaires : les discussions récurrentes autour de la protection des indépendants, au sein de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, laissent penser que la couverture minimale pourrait être réinterrogée à moyen terme.
Nous allons préciser ce que recouvre la notion de prévoyance TNS, comment elle fonctionne, où s’arrêtent les obligations légales et où commencent les choix stratégiques, avant d’entrer dans le détail des contrats, des garanties et des optimisations fiscales possibles, notamment via la loi Madelin.
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Qu’est-ce que la prévoyance TNS ? #
La prévoyance TNS désigne l’ensemble des garanties destinées à compenser la perte de revenus d’un travailleur non salarié en cas d’incapacité temporaire, d’invalidité ou de décès. Contrairement à un salarié couvert par le régime général et, souvent, par un contrat collectif d’entreprise, un professionnel libéral ou un gérant majoritaire de SARL doit, le plus souvent, organiser lui-même sa protection.
- Incapacité temporaire : versement d’indemnités journalières qui complètent celles de la SSI ou de la caisse de base.
- Invalidité : mise en place d’une rente d’invalidité lorsque l’état de santé ne permet plus d’exercer l’activité de manière durable.
- Décès : versement d’un capital décès et, selon les contrats, d’une rente éducation ou d’une rente de conjoint.
Le fonctionnement est relativement homogène chez les assureurs. Le TNS souscrit un contrat individuel ou un contrat éligible à la loi Madelin, auprès d’un organisme comme Verspieren (courtier en assurances d’entreprise), Allianz France ou AG2R La Mondiale. Il déclare son statut professionnel, ses revenus, sa situation familiale et choisit des niveaux de couverture, des délais de franchise (7, 15, 30, 60 jours ou plus) et des options spécifiques.
- Cotisations régulières : mensualisées ou trimestrielles, souvent proportionnelles au niveau de garanties, parfois forfaitaires.
- Prestations proportionnelles : indemnités calculées en pourcentage du revenu de référence, avec des plafonds définis contractuellement.
- Adaptation à la situation : prise en compte des charges fixes, du nombre d’enfants, du régime matrimonial et des projets patrimoniaux.
Pour un TNS, la raison d’être de la prévoyance tient au fait qu’aucun employeur ne vient maintenir le salaire en cas d’arrêt, et que la rentabilité de l’activité repose directement sur sa capacité à travailler. Une longue incapacité peut menacer à la fois le patrimoine personnel – maison de famille, épargne, parts de société – et la viabilité de l’entreprise. Nous considérons que la prévoyance joue un rôle de filet de sécurité économique, au même titre que l’assurance Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) protège contre les dommages causés aux tiers.
Les obligations légales des TNS en matière de prévoyance #
Chaque TNS est automatiquement rattaché à un régime obligatoire de prévoyance, déterminé par son activité. Les artisans et commerçants relèvent de la SSI, les professions libérales réglementées (médecins, infirmiers, architectes, experts-comptables, etc.) sont affiliées à l’une des dix caisses de la CNAVPL (comme la CIPAV, la CARMF, la CARPIMKO), tandis que les avocats dépendent de la Caisse Nationale des Barreaux Français (CNBF). Ces régimes versent des prestations en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès, mais les montants restent plafonnés et standardisés.
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- Indemnités journalières : limitées à environ 50 % du revenu moyen avec un plafond journalier d’un peu plus de 65 € en 2026, selon les données de la SSI.
- Durée maximale : arrêt de travail indemnisé pendant une durée souvent limitée à moins de 12 mois.
- Rentes d’invalidité : calculées selon des barèmes réglementaires, fréquemment insuffisants pour maintenir un niveau de vie urbain, notamment à Paris ou Lyon.
Lorsque l’on parle de caractère obligatoire ?, il faut être précis. La loi impose à un TNS d’être affilié à un régime obligatoire et de régler ses cotisations sociales. Certaines caisses professionnelles prévoient une cotisation invalidité-décès obligatoire (c’est le cas pour de nombreux médecins libéraux affiliés à la CARMF ou pour des professions juridiques). En revanche, la souscription d’un contrat de prévoyance complémentaire privé n’est pas généralisée comme l’est le contrat collectif de prévoyance pour certains salariés, exigé par les conventions collectives, à l’image de la convention Syntec ou des accords de la métallurgie.
- Obligatoire légalement : affiliation à la SSI ou au régime professionnel, paiement des cotisations, respect des obligations spécifiques des caisses (invalidité‑décès).
- Non imposé mais stratégique : contrat de prévoyance complémentaire TNS, souvent sous forme de contrat Madelin.
- Comparaison utile : la RC Pro, qui est obligatoire pour de nombreuses professions réglementées (médecins, avocats, agents immobiliers, artisans du BTP), illustre la tendance à renforcer la protection minimale des indépendants.
Nous recommandons aux TNS de vérifier les textes applicables à leur profession – statuts des caisses, règlements intérieurs, éventuels accords locaux – afin d’identifier toutes les obligations en vigueur. Sur le plan économique, se limiter au seul régime obligatoire crée un risque financier majeur, comparable à celui d’un entrepreneur qui travaillerait sans assurance RC Pro dans les secteurs où elle est exigée, comme le BTP ou la santé.
Les différents contrats de prévoyance TNS disponibles #
Le marché de la prévoyance TNS s’est structuré depuis une vingtaine d’années, porté notamment par la loi Madelin du 11 février 1994 qui a instauré un cadre fiscal incitatif pour les travailleurs indépendants. En 2025, les principaux acteurs du secteur – Allianz France, AG2R La Mondiale, Generali France, Groupama, ainsi que des courtiers spécialisés comme Verspieren – proposent des contrats spécifiquement calibrés pour les TNS.
- Contrats individuels classiques : souscrits à titre personnel, avec choix des garanties (incapacité, invalidité, décès) et des niveaux de couverture.
- Contrats sur-mesure : offres dédiées aux professions libérales de santé, aux commerçants, aux chefs d’entreprise ou aux indépendants du numérique.
- Packs combinés : formules intégrant mutuelle santé + prévoyance TNS, proposées notamment par des groupes comme MGEN pour certaines professions publiques ou par des mutuelles régionales.
Les contrats Madelin occupent une place centrale. Ils permettent à un TNS imposé au régime réel de déduire ses cotisations de prévoyance de son bénéfice imposable, dans la limite d’un plafond annuel global. Les conditions sont structurées autour de critères clairs : être TNS (BIC ou BNC), être affilié à un régime obligatoire de TNS, souscrire un contrat répondant aux exigences de la loi, résider fiscalement en France et être à jour de ses cotisations sociales. Les assureurs positionnent ces produits comme un outil double : sécu?riser le revenu et optimiser la fiscalité.
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- Souplesse contractuelle : adaptation des franchises, ajout d’options (rente éducation, invalidité renforcée), modulation des capitaux décès.
- Modalités d’adhésion : questionnaires médicaux, examens complémentaires au-delà d’un certain capital, exclusions liées à des pathologies préexistantes.
- Accompagnement : conseils patrimoniaux, simulations fiscales, suivi périodique, souvent proposés par les cabinets de courtage spécialisés.
Nous observons que les contrats les plus performants sont ceux qui articulent finement les besoins professionnels (charges du cabinet, remplacement temporaire, loyer commercial) avec la situation familiale (enfants scolarisés, crédits immobiliers), plutôt que des garanties standardisées. Les TNS ont intérêt à privilégier des acteurs qui connaissent précisément leur secteur, comme les offres dédiées aux professionnels de santé libéraux ou aux indépendants du BTP, où les risques professionnels sont clairement identifiés.
Les garanties essentielles de la prévoyance TNS #
Un contrat de prévoyance TNS de qualité repose sur un noyau de garanties incontournables. La première brique est la garantie incapacité de travail, qui couvre les arrêts temporaires pour maladie, accident ou hospitalisation. L’incapacité temporaire se traduit par une interruption partielle ou totale de l’activité, et déclenche le versement d’indemnités journalières complémentaires après un délai de franchise contractuel. Certains contrats permettent de viser un maintien de revenu pouvant atteindre jusqu’à 100 % du revenu professionnel déclaré, en complément des indemnités du régime obligatoire.
- Franchise : 3, 7, 15, 30, 60 ou 90 jours, avec incidence directe sur la cotisation.
- Mode de calcul : indemnités proportionnelles au bénéfice imposable, parfois avec un montant forfaitaire pour simplifier.
- Limites : durée maximale d’indemnisation, exclusions de certaines affections ou restrictions sur les pathologies psychiques.
La garantie invalidité constitue la seconde brique. Elle s’active lorsque l’état de santé entraîne une réduction durable de la capacité de travail. Les contrats distinguent généralement plusieurs niveaux : invalidité partielle (souvent à partir de 33 % ou 40 % de taux reconnu), invalidité totale et invalidité permanente. Le montant de la rente d’invalidité est calculé en pourcentage du revenu de référence, avec parfois une prise en compte de la classification d’invalidité (professionnelle ou fonctionnelle). Sur ce point, les définitions contractuelles sont déterminantes, notamment pour les professions à forte technicité comme les chirurgiens ou les chirurgiens-dentistes.
- Taux d’invalidité : barèmes alignés sur ceux du régime de base, ou grille propre à l’assureur.
- Rente temporaire ou viagère : certains contrats cessent à l’âge légal de la retraite, d’autres prolongent sous conditions.
- Indexation : possibilité de revalorisation annuelle de la rente pour suivre l’inflation.
La garantie décès complète ce triptyque. Elle prévoit le versement d’un capital décès aux bénéficiaires désignés, souvent exprimé en multiple du revenu annuel (par exemple 3, 5 ou 8 années de revenus). De nombreux contrats prévoient des rentes éducation pour les enfants, jusqu’à un certain âge (généralement 18, 21 ou 26 ans s’ils poursuivent leurs études), ainsi qu’une rente de conjoint. Pour un TNS avec des enfants en bas âge et un prêt immobilier sur 20 ans, nous considérons que cette composante doit être calibrée avec attention.
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- Garanties complémentaires : prise en charge des frais professionnels permanents (loyers, rémunération d’un remplaçant, charges sociales), assistance administrative et juridique en cas de sinistre.
- Options spécifiques : garanties adaptées aux risques du bâtiment (chutes, travail en hauteur), aux professions médicales (risques opératoires), ou aux activités de conseil (stress, burn‑out).
- Services d’accompagnement : soutien psychologique, programmes de retour progressif à l’activité, proposés notamment par des groupes comme Allianz France ou AG2R La Mondiale.
Les cotisations et le coût de la prévoyance TNS #
Le coût d’un contrat de prévoyance TNS dépend d’une série de paramètres que les assureurs évaluent de manière actuarielle. L’âge au moment de la souscription est déterminant : un graphiste indépendant qui s’assure à 30 ans paiera une cotisation significativement inférieure à celle d’un consultant en management qui souscrit à 52 ans, pour le même niveau de garanties. Le niveau de revenus, la profession exercée et le profil médical complètent la grille.
- Revenus déclarés : plus la cible de revenu couvert (indemnités journalières, rente d’invalidité, capital décès) est élevée, plus la cotisation augmente.
- Risque professionnel : un artisan du BTP exposé aux chutes ou à la manutention lourde supporte un tarif plus élevé qu’un expert-comptable en cabinet.
- État de santé : antécédents médicaux, tabagisme, pathologies chroniques entraînent des surprimes ou des exclusions.
La logique de tarification repose sur un équilibre entre le niveau de garanties et le temps durant lequel le TNS accepte de supporter seul le risque, via la franchise. Une franchise courte (5 ou 7 jours) implique une cotisation plus élevée, tandis qu’une franchise longue (30 ou 60 jours) permet de limiter le coût, à condition de disposer d’une trésorerie suffisante pour absorber le délai. Nous constatons que les TNS les mieux accompagnés ajustent finement ces paramètres en fonction de leur trésorerie et de leurs charges fixes.
- Cas pratique 1 : un développeur web freelance de 35 ans, basé à Nantes, avec un bénéfice annuel de 45 000 €, choisit une couverture visant 70 % de son revenu, avec une franchise de 30 jours et un capital décès de 150 000 €. La cotisation annuelle tourne souvent autour de quelques dizaines d’euros par mois, surtout s’il bénéficie du cadre Madelin.
- Cas pratique 2 : un chirurgien-dentiste de 50 ans à Toulouse, revenu annuel de 120 000 €, souhaite une protection forte en invalidité avec capital décès équivalent à 5 années de revenus et franchise de 15 jours. La cotisation peut atteindre plusieurs milliers d’euros par an, mais une part significative devient déductible fiscalement.
- Modulation possible : en ajustant les franchises, en réduisant légèrement le capital décès ou en ciblant une couverture à 60 % du revenu plutôt que 80 %, il est possible d’adapter le contrat à un budget précis.
Nous estimons que l’erreur fréquente consiste à souscrire un contrat minimal ? pour réduire la cotisation, sans vérifier si les montants indemnisés couvrent réellement les charges professionnelles (loyer, crédit matériel, abonnement logiciels comme Salesforce ou Microsoft 365) et les dépenses familiales. Une démarche chiffrée, parfois avec l’aide d’un expert-comptable, reste incontournable.
Les avantages fiscaux liés à la prévoyance TNS #
La loi Madelin, adoptée en 1994, a profondément modifié l’intérêt économique de la prévoyance TNS. Son principe est simple : les cotisations versées dans le cadre d’un contrat de prévoyance Madelin sont déductibles du bénéfice imposable du TNS, dans la limite d’un plafond annuel. Cette possibilité s’ajoute aux dispositifs d’épargne retraite, comme les contrats de retraite Madelin ou les Plans d’Épargne Retraite (PER) individuels.
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- Conditions d’éligibilité : être TNS (BIC ou BNC), imposé au régime réel, affilié à un régime obligatoire de TNS, souscrire un contrat éligible Madelin et être à jour de ses cotisations sociales.
- Plafond global : la déduction des cotisations de retraite, de santé et de prévoyance se fait dans un plafond global annuel, calculé notamment en pourcentage du bénéfice imposable.
- Contrôle fiscal : l’administration fiscale peut vérifier la cohérence des cotisations déclarées avec les attestations fournies par l’assureur.
Le fonctionnement pratique de la déduction repose sur la logique suivante : la cotisation est comptabilisée en charge professionnelle, ce qui réduit la base imposable, et donc le montant de l’impôt sur le revenu. Pour un TNS dont le taux marginal d’imposition se situe à 30 % ou 41 %, l’économie fiscale peut être significative. Par exemple, un consultant indépendant à Montpellier qui verse 2 000 € de cotisations Madelin et se trouve à un taux marginal de 30 % réalise une économie d’impôt de l’ordre de 600 €, ramenant le coût net de sa prévoyance à 1 400 €.
- Effet de levier : plus le TNS se situe dans une tranche d’imposition élevée, plus l’économie fiscale est forte.
- Articulation patrimoniale : la prévoyance s’intègre dans une stratégie globale incluant retraite, épargne financière (assurance-vie, PEA), et protection du conjoint collaborateur.
- Optimisation du plafond : calibrer les cotisations pour utiliser au mieux le plafond Madelin, sans le dépasser inutilement.
Nous considérons que les TNS devraient systématiquement intégrer la dimension fiscale dans leur arbitrage de garanties. Un contrat un peu plus protecteur, mais largement déductible, peut coûter, en réalité, à peine plus cher, une fois l’économie d’impôt prise en compte. Les cabinets d’expertise comptable spécialisés dans l’accompagnement des indépendants, comme certains réseaux de l’Ordre des experts-comptables, jouent ici un rôle utile de conseil.
Exemples, témoignages et études de cas de TNS #
Les statistiques publiées en juin 2025 par le média spécialisé L’Assurance en Mouvement indiquent que moins d’un travailleur non salarié sur deux dispose d’une assurance prévoyance réellement adaptée, et qu’environ 50 % des contrats ne sont jamais révisés après leur souscription. Ces chiffres illustrent une réalité : beaucoup de TNS sous-estiment le risque d’arrêt longue durée ou d’invalidité, ou conservent des contrats obsolètes au regard de l’évolution de leurs revenus.
- Couverture insuffisante : TNS dépendant exclusivement du régime obligatoire, exposé à une chute de revenu supérieure à 60 % en cas d’arrêt prolongé.
- Contrats figés : garanties non revalorisées malgré une hausse de 30 % ou 40 % du chiffre d’affaires sur cinq ans.
- Familles vulnérables : absence de capital décès ou de rente éducation pour des enfants encore scolarisés.
Prenons le cas d’un artisan maçon de 42 ans à Rennes, victime d’un accident de chantier en 2024, entraînant une incapacité temporaire de huit mois. Affillié à la SSI uniquement, il a perçu des indemnités journalières plafonnées, couvrant à peine la moitié de son revenu habituel. Ses charges fixes – loyer de l’atelier, leasing d’un utilitaire, remboursement de matériel – ont continué à courir. Un contrat de prévoyance complémentaire, avec indemnités journalières calibrées sur ses charges et une franchise de 15 jours, lui aurait permis de préserver sa trésorerie et d’éviter de recourir à un prêt bancaire coûteux.
- Impact concret : sans prévoyance, plusieurs mois de découvert bancaire, retard de paiement fournisseurs, négociations difficiles avec sa banque.
- Scénario alternatif : avec un contrat Madelin, indemnisation complémentaire couvrant charges et une partie du revenu familial, moindre recours au crédit.
Autre situation : une avocate en droit social de 49 ans, exerçant à Grenoble, a développé en 2023 une pathologie chronique réduisant sa capacité à plaider. La CNBF lui verse une rente d’invalidité, mais le montant ne couvre qu’environ 40 % de son niveau de vie précédent. Grâce à une rente d’invalidité complémentaire prévue par son contrat de prévoyance, indexée sur son revenu de référence des trois années précédentes, elle a pu maintenir le financement des études de ses deux enfants et conserver son logement. À l’inverse, une consœur du même barreau, sans contrat complémentaire, a dû vendre son cabinet et se reconvertir vers une activité salariée moins rémunératrice.
- Étude comparative : TNS A sans prévoyance complémentaire, contraint à une réduction drastique de son niveau de vie et à des arbitrages patrimoniaux douloureux.
- TNS B avec prévoyance calibrée : finances stabilisées, capacité à absorber l’aléa tout en conservant un projet professionnel et familial cohérent.
Ces cas mettent en évidence le rôle de la prévoyance comme amortisseur de choc financier. Nous constatons que les TNS les plus protégés sont ceux qui ont anticipé ces scénarios, souvent après un échange avec un conseiller en gestion de patrimoine ou un courtier en assurance habitué aux problématiques des indépendants.
Comment choisir sa prévoyance TNS (obligatoire ou quasi indispensable) ? #
Choisir un contrat de prévoyance TNS suppose une démarche méthodique. La première étape consiste à réaliser un véritable audit de sa protection actuelle. Nous invitons les TNS à demander un récapitulatif des prestations à leur régime obligatoire (montants des indemnités journalières, rentes d’invalidité, capital décès), puis à recenser tous les contrats individuels déjà existants, souvent souscrits auprès de banques ou de mutuelles généralistes, parfois sans suivi depuis des années.
- Analyse de la couverture de base : reconstituer le revenu réellement garanti en cas d’arrêt de travail longue durée.
- Inventaire des contrats : vérifier les garanties, plafonds, exclusions, bénéficiaires, pour chaque contrat existant.
- Écart de protection : identifier la différence entre les besoins financiers et ce qui est aujourd’hui assuré.
La seconde étape consiste à définir des besoins chiffrés. Il s’agit de calculer les charges fixes personnelles et professionnelles (loyer, crédits, abonnements logiciels, salaires éventuels), d’anticiper les besoins du foyer en cas d’arrêt, d’invalidité ou de décès, et de tenir compte de la situation familiale. Un TNS de 30 ans sans enfant n’a pas les mêmes priorités qu’un dirigeant non salarié de 55 ans avec trois enfants et des échéances immobilières importantes.
- Critères de comparaison : types de garanties, niveaux, exclusions, définitions de l’invalidité, délais de franchise, indexation des prestations.
- Rapport garanties/coût : intégrer les avantages fiscaux Madelin dans l’analyse, en calculant le coût net après impôt.
- Qualité de l’accompagnement : disponibilité du service sinistre, spécialisation TNS, capacité à réviser le contrat tous les 2 ou 3 ans.
Nous recommandons de formaliser cette démarche en quatre temps : état des lieux, définition des besoins, comparaison structurée des offres, puis mise en place et suivi. Les organismes spécialisés, tels que les pôles professionnels de Verspieren ou de AG2R La Mondiale, proposent des bilans personnalisés pour aider à cette structuration. Une révision périodique, au moins tous les trois ans ou lors de chaque événement significatif (augmentation de chiffre d’affaires de plus de 20 %, acquisition immobilière, naissance, changement de statut juridique), permet de maintenir la cohérence entre la couverture et la réalité économique du TNS.
Conclusion : synthèse et perspectives sur la prévoyance TNS obligatoire #
À l’heure où la protection sociale des indépendants demeure moins généreuse que celle des salariés, la prévoyance TNS obligatoire doit être comprise comme un socle minimal, loin de couvrir l’ensemble des besoins réels. Les régimes obligatoires comme la SSI, la CNAVPL ou la CNBF versent des prestations plafonnées, souvent limitées à une fraction du revenu, ce qui laisse un reste à charge ? massif en cas d’arrêt prolongé, d’invalidité lourde ou de décès.
- Constat central : la couverture de base reste insuffisante pour sécuriser un projet professionnel et un niveau de vie familial, surtout dans les grandes agglomérations.
- Rôle de la prévoyance complémentaire : même si elle n’est pas juridiquement imposée à tous, elle devient, d’un point de vue économique, essentielle pour protéger l’activité et le patrimoine.
- Intérêt des contrats Madelin : la possibilité de rendre les cotisations déductibles transforme cette dépense en investissement de protection sociale, avec un coût net souvent maîtrisé.
Nous sommes convaincus que chaque TNS a intérêt à considérer la prévoyance non comme une charge subie, mais comme une composante stratégique de son modèle économique, au même titre que son plan de financement ou sa politique tarifaire. Sécuriser son revenu, protéger son foyer et préserver la continuité de son activité sont des objectifs indissociables. La majorité des études récentes sur la protection des indépendants, qu’elles soient publiées par des assureurs comme Allianz France ou par des observatoires sectoriels, convergent : les TNS restent encore sous-assurés et peu accompagnés.
- Étape suivante : réaliser un bilan personnalisé avec l’aide d’un expert (courtier, assureur, expert-comptable), pour analyser les risques réels et arbitrer les garanties.
- Objectif : disposer d’un contrat de prévoyance TNS calibré, régulièrement révisé, tirant pleinement parti de la loi Madelin et aligné sur les ambitions professionnelles et personnelles.
- Résultat attendu : une meilleure sécurité face aux aléas, une vision plus sereine de l’avenir et une protection sociale digne de la responsabilité que représente le statut d’indépendant.
Nous encourageons chaque TNS à ne plus attendre un accident de parcours pour s’interroger sur sa prévoyance, mais à intégrer cette réflexion au cœur de sa stratégie globale, afin de transformer un point de vulnérabilité en véritable levier de résilience économique.
Plan de l'article
- Prévoyance TNS obligatoire : tout ce que vous devez savoir
- Introduction : pourquoi parler de prévoyance TNS obligatoire ? aujourd’hui ?
- Qu’est-ce que la prévoyance TNS ?
- Les obligations légales des TNS en matière de prévoyance
- Les différents contrats de prévoyance TNS disponibles
- Les garanties essentielles de la prévoyance TNS
- Les cotisations et le coût de la prévoyance TNS
- Les avantages fiscaux liés à la prévoyance TNS
- Exemples, témoignages et études de cas de TNS
- Comment choisir sa prévoyance TNS (obligatoire ou quasi indispensable) ?
- Conclusion : synthèse et perspectives sur la prévoyance TNS obligatoire