Retraite TNS : Simulation et Calculs pour Maximiser Votre Avenir #
Comprendre le régime de retraite des TNS #
Avant de parler de simulation retraite TNS, nous devons clarifier qui est concerné et comment fonctionne ce régime. Le terme Travailleur Non Salarié recouvre des profils différents, chacun affilié à des caisses spécifiques, avec des règles de calcul parfois distinctes.
- Entrepreneurs individuels (y compris ceux en entreprise individuelle au réel), affiliés au régime des indépendants géré par la SSI, rattachée au réseau de la CNAV.
- Micro‑entrepreneurs, dont les cotisations retraite sont proportionnelles au chiffre d’affaires déclaré, avec des taux fixés par l’Urssaf.
- Gérants majoritaires de SARL, considérés comme TNS et affiliés à la SSI.
- Professions libérales (avocats, médecins, architectes, experts-comptables…), affiliées à la CNAVPL via des sections comme la Cipav (ingénieurs, consultants, coachs…), la CARMF (médecins) ou la CAVEC (experts-comptables).
- Artisans et commerçants, relevant du régime de base unifié avec la SSI, et d’une complémentaire obligatoire gérée notamment par le Conseil de la Protection Sociale des Travailleurs Indépendants (CPSTI).
Ces catégories partagent une logique commune – base + complémentaire – mais, en pratique, les règles de calcul, les valeurs de points, les niveaux de cotisations et les plafonds diffèrent selon les caisses. Nous devons donc toujours raisonner en tenant compte de l’organisme dont vous dépendez, que ce soit la SSI, la CNAVPL ou une section professionnelle spécifique.
Régime de base et retraite complémentaire : un fonctionnement en deux étages
Le régime de retraite des TNS non agricoles s’articule autour de deux étages structurants : la retraite de base et la retraite complémentaire obligatoire. Pour la base, les règles sont désormais très proches du régime général des salariés. La pension de base se calcule via une formule normalisée :
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Retraite de base TNS = Revenu annuel moyen × Taux de liquidation × (Nombre de trimestres validés / Nombre de trimestres requis)
Le revenu annuel moyen correspond, pour les TNS affiliés à la SSI, à la moyenne des 25 meilleures années revalorisées, comme pour les salariés. Le taux de liquidation atteint 50 % pour une retraite à taux plein, selon la méthode rappelée par des acteurs comme Banque Populaire et Shine. Pour la retraite complémentaire, nous passons sur un système de points : chaque euro de cotisation génère un certain nombre de points, qui seront convertis en euros lors de la liquidation, via la valeur de service du point, fixée par chaque caisse et révisée périodiquement.
- Étape de base : calcul du revenu annuel moyen sur 25 ans, application du taux (jusqu’à 50 %) et proratisation avec les trimestres.
- Étape complémentaire : cumul de points acquis chaque année, multiplication par la valeur du point en vigueur l’année du départ.
- Résultat : pension totale = base + complémentaire obligatoire, à laquelle se rajoutent vos dispositifs facultatifs type PER ou assurance-vie.
Trimestres, durée d’assurance et notion de taux plein
Pour un TNS, la notion de trimestre validé ne dépend pas seulement du temps qui passe, mais du montant de revenus soumis à cotisations. Au 1er janvier 2025, les données publiées par Shine indiquent qu’il faut 1 782 € de rémunération pour valider 1 trimestre, et 7 128 € pour valider 4 trimestres sur une année. Autrement dit, si votre chiffre d’affaires ou votre résultat est trop faible, vous risquez de valider seulement 1 ou 2 trimestres sur une année civile.
- Nombre de trimestres requis : entre 166 et 172 trimestres selon l’année de naissance, la borne de 172 trimestres visant les générations nées après 1965.
- Décote : lorsque le nombre de trimestres est insuffisant, le taux de liquidation subit une minoration, typiquement de 1,25 % par trimestre manquant, jusqu’à une limite fixée par la réglementation.
- Surcote : en cas de trimestres supplémentaires au-delà de la durée d’assurance requise, une majoration de 1,25 % par trimestre supplémentaire peut s’appliquer.
Nous considérons que beaucoup de TNS sous-estiment l’enjeu de ces trimestres. Une carrière avec des années “creuses” – lancement d’activité, crise sectorielle, arrêt maladie, congé parental – peut aboutir à une décote à vie, si elle n’est pas corrigée par du rachat de trimestres ou un report de l’âge de départ.
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Différences entre artisans/commerçants et professions libérales
Les artisans et commerçants sont gérés, pour la base, par le même ensemble que les salariés du privé, via la CNAV et la SSI, avec une retraite complémentaire pilotée par le CPSTI. Leur architecture est relativement alignée sur le régime général. À l’inverse, les professions libérales dépendent de la CNAVPL mais avec des caisses distinctes : la Cipav, la CARMF, la CAVP pour les pharmaciens, etc. Ces régimes utilisent presque tous un système à points pour la base et la complémentaire, mais avec des valeurs de points différentes et des règles de calcul propres à chaque profession.
- Artisans/commerçants : convergence forte avec le régime général, mais pensions moyennes souvent plus basses, du fait de revenus historiquement modestes ou irréguliers.
- Professions libérales : poids plus élevé de la complémentaire, forte dépendance à la politique de chaque caisse (valeur du point, revalorisation, règles de majoration/minoration).
- Conséquence : la simulation retraite TNS doit cibler précisément le régime – un consultant affilié à la Cipav n’a pas la même mécanique qu’un boulanger relevant de la SSI.
Simulation de retraite TNS : objectifs et méthodologie #
Pour un TNS, nous considérons que la simulation n’est pas un luxe mais un outil de pilotage. Les chiffres communiqués par la DREES et par des acteurs comme AG2R La Mondiale montrent une pension moyenne globale des indépendants autour de 1 200 € brut, ce qui implique une baisse parfois supérieure à 40 % par rapport aux revenus d’activité pour un dirigeant ayant généré 3 000 à 4 000 € net par mois pendant ses meilleures années.
- Constat : les TNS affichent souvent une carrière plus heurtée que les salariés, avec des années très rentables et d’autres en perte.
- Risque : une pension largement inférieure à vos besoins réels, notamment dans les grandes métropoles comme Paris ou Lyon, où le coût du logement et de la santé est élevé.
- Utilité de la simulation : mesurer l’écart entre la pension estimée et le revenu cible, afin de calibrer vos efforts d’épargne et vos choix d’âge de départ.
Nous défendons l’idée qu’un TNS devrait commencer à simuler sa retraite sérieusement autour de 40 ans, puis actualiser ses estimations tous les 2 ou 3 ans, ou à chaque changement majeur de statut (passage de salarié à TNS, création de société, changement de régime fiscal, etc.).
Outils disponibles pour simuler la retraite des TNS
Les outils de simulation se sont fortement professionnalisés ces dernières années. Le portail Info‑retraite, piloté par l’Union Retraite, propose un simulateur officiel pour tous les régimes. Des caisses comme la CNAV, la CNAVPL ou la SSI renvoient vers ces services, complétés par des simulateurs privés.
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- Simulateurs officiels : portail Info‑retraite, simulateur de l’Assurance retraite, outils du CPSTI et de l’Urssaf pour les cotisations et les droits estimés.
- Simulateurs privés : solutions d’acteurs financiers comme AG2R La Mondiale, Banque Populaire, Crédit Agricole, ou de fintechs comme Ramify et Shine.
- Données requises : année de naissance, revenus historiques, statut successifs (salarié, TNS), nombre de trimestres validés, points acquis dans chaque régime.
En retour, ces outils fournissent une estimation du montant de pension, de l’âge de départ à taux plein, de l’impact d’un départ anticipé (avec décote) ou différé (avec surcote), et parfois des recommandations sur l’épargne complémentaire nécessaire pour atteindre un objectif de revenu.
Assurer la fiabilité de la simulation
Pour que la simulation de retraite TNS soit réellement exploitable, nous devons soigner la qualité des informations saisies. Renseigner des revenus théoriques ou omettre des périodes de salariat fausse la vision globale et peut conduire à des décisions de départ inadaptées.
- Exactitude des revenus : utiliser les revenus réellement déclarés à l’Urssaf ou figurant sur vos avis d’imposition, et non des projections approximatives.
- Carrière complète : intégrer les périodes de salariat, d’apprentissage, de chômage indemnisé, ou les années à l’étranger, dès lors qu’il y a eu cotisation dans un régime de base.
- Mise à jour régulière : ajuster la simulation après chaque modification de statut, chaque croissance significative de revenus ou après une réforme législative, comme la réforme des retraites adoptée en 2023 en France.
Nous recommandons, en pratique, de télécharger votre relevé de carrière officiel via le site de l’Assurance retraite ou d’Info‑retraite, de vérifier les anomalies (années manquantes, incohérences de trimestres) puis de corriger ces données avant d’utiliser un simulateur.
Cas concret de simulation pour un TNS né en 1985
Pour illustrer l’intérêt d’une simulation, prenons le cas d’un TNS né en 1985, affilié à la SSI, avec un revenu moyen stabilisé à 40 000 € par an depuis quelques années. À 40 ans, il totalise déjà 60 trimestres validés (carrière hachée, début tardif comme indépendant) et envisage plusieurs options de départ.
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- Hypothèse 1 : départ à 64 ans – L’âge légal après la réforme de 2023. S’il parvient à atteindre les 172 trimestres requis, sa pension de base sera calculée sur la moyenne de ses 25 meilleures années, avec un taux de 50 %, puis proratisée. Avec un revenu annuel moyen de 40 000 €, la pension de base théorique à taux plein serait de 20 000 € par an, soit environ 1 666 € par mois, à compléter par la pension complémentaire.
- Hypothèse 2 : départ à 67 ans – Âge du taux plein automatique, même avec trimestres manquants. En continuant 3 ans de plus, il valide 12 trimestres supplémentaires, peut bénéficier d’une surcote sur une partie de sa pension, et ajoute encore des points de complémentaire, ce qui peut porter sa pension totale au‑delà de 2 000 € par mois.
Un simulateur comme celui d’AG2R La Mondiale ou de Banque Populaire mettra rapidement en évidence un écart potentiel de plusieurs centaines d’euros mensuels entre ces deux scénarios. À ce niveau, notre analyse est nette : mieux vaut connaître cet écart à 42 ou 45 ans qu’à 60 ans, lorsque les marges de manœuvre sont réduites.
Le calcul des droits à retraite : étapes clés #
La compréhension des formules de calcul constitue la base d’une simulation pertinente. Les TNS, contrairement à certains salariés, ne peuvent pas se contenter d’un chiffre global, ils doivent maîtriser la mécanique pour arbitrer entre cotisations, revenus et âge de départ.
Formule de la retraite de base pour un TNS
La formule de calcul de la retraite de base pour un TNS affilié à la SSI est identique à celle du régime général, telle que rappelée par des organismes bancaires comme Banque Populaire :
Retraite de base = Revenu annuel moyen des 25 meilleures années × Taux de retraite × (Nombre de trimestres validés / Nombre de trimestres requis)
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- Revenu annuel moyen : calculé sur les 25 meilleures années, dans la limite du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), qui s’établit à plus de 46 000 € en 2024.
- Taux de retraite : 50 % pour une retraite à taux plein, minoré en cas de trimestres manquants, majoré par surcote si trimestres supplémentaires.
- Coefficient de proratisation : rapport entre trimestres validés et trimestres requis (par exemple 160/172).
Notre avis professionnel : maîtriser cette formule permet de mesurer immédiatement l’impact d’un revenu sous‑déclaré, d’un choix de rémunération trop bas en société (gérant de SARL) ou d’un passage durable en micro‑entreprise avec revenus limités.
Validation des trimestres et impact des “trous” de carrière
Pour les TNS, les trimestres ne sont pas liés au nombre de jours travaillés, mais aux montants de revenus ayant supporté des cotisations retraite. Les seuils publiés pour 2025 – 1 782 € pour 1 trimestre, 7 128 € pour 4 trimestres – expliquent pourquoi de nombreux micro‑entrepreneurs se retrouvent, après 10 ans d’activité, avec un nombre de trimestres validés décevant.
- Années faiblement cotisées : un revenu annuel de 5 000 € ne valide que 2 ou 3 trimestres, ce qui crée un décalage sur la durée d’assurance.
- Années blanches : absence de cotisations (activité en sommeil, erreur de déclaration, maladie non couverte) = 0 trimestre validé.
- Conséquence : décote à vie si ces “trous” ne sont pas compensés par des trimestres supplémentaires ou un rachat de trimestres (dispositif de rachat de trimestres d’études ou d’années incomplètes).
Nous recommandons, dès que l’activité le permet, de sortir d’une logique de sous‑déclaration chronique pour “optimiser” les charges à court terme, car cette stratégie se paye en niveau de retraite et en droits sociaux (indemnités journalières, prévoyance). Une simulation chiffrée rend ce coût futur très concret.
Calcul des droits en retraite complémentaire par points
Les régimes complémentaires des TNS fonctionnent presque tous en système de points. La logique, rappelée par des acteurs comme Ramify, est la suivante : chaque année, vos cotisations sont converties en points, selon un prix d’achat du point. Au moment du départ, vos points sont multipliés par la valeur de service du point.
- Acquisition des points : Nombre de points annuels = Cotisations versées / Prix d’achat du point (par exemple 20,734 € pour certains régimes complémentaires).
- Liquidation : Pension complémentaire annuelle = Nombre total de points × Valeur du point (par exemple 1,327 € en 2024 sur un régime donné).
- Dépendance à la caisse : chaque caisse (CPSTI, Cipav, CARMF…) fixe ses propres paramètres, ce qui justifie de consulter les documents techniques de votre caisse professionnelle.
Nous constatons que beaucoup de TNS négligent la complémentaire, alors qu’elle peut représenter 30 % à 50 % de la pension totale pour certaines professions libérales. Une cotisation complémentaire “minimum” peut aboutir à une retraite très faible, surtout si les revenus ont été modestes ou irréguliers.
Exemple chiffré : base + complémentaire pour un TNS
Inspirons‑nous d’un exemple de calcul détaillé proposé par une plateforme comme Ramify. Imaginons un TNS ayant :
- Revenu annuel moyen : 35 000 € sur ses 25 meilleures années.
- Trimestres validés : 160 trimestres, pour une génération nécessitant 166 trimestres.
- Points complémentaires : 4 000 points acquis sur sa carrière, avec une valeur de point de 1,327 €.
La pension de base à taux plein théorique serait : 35 000 × 50 % = 17 500 € par an. Or, il manque 6 trimestres. Une décote de 1,25 % × 6 = 7,5 % s’applique au taux, puis une proratisation 160/166 est intégrée. La pension de base réelle sera donc inférieure à 17 500 €, de l’ordre de 15 000 à 16 000 € par an. La pension complémentaire, elle, sera de 4 000 × 1,327 = 5 308 € par an. Au total, nous obtenons une pension d’environ 1 700 à 1 800 € par mois, avant fiscalité.
Ce type de simulation met en évidence l’intérêt de racheter 6 trimestres ou de travailler 1 ou 2 ans de plus, pour récupérer le taux plein, supprimer la décote et améliorer le ratio trimestres validés / trimestres requis.
Les cotisations retraite des TNS : un investissement stratégique #
Les cotisations retraite TNS sont souvent perçues comme une charge, nous préférons les considérer comme un investissement obligatoire, dont la “rentabilité” dépend du niveau de pension future et des droits associés (réversion, prévoyance, invalidité).
Mécanisme de calcul des cotisations retraite des TNS
Les cotisations retraite des TNS sont calculées sur la base des revenus professionnels déclarés à l’Urssaf. Pour les artisans et commerçants, la SSI applique des taux spécifiques pour la base et la complémentaire. Il existe des assiettes minimales qui garantissent la validation de trimestres même en cas de revenu très faible, avec une cotisation minimale.
- Base de calcul : bénéfice imposable (régime réel) ou revenu forfaitaire (micro‑entreprise), après abattement.
- Cotisations minimales : même avec un revenu faible, des TNS paient une cotisation minimale pour valider au moins quelques trimestres.
- Taux indicatifs : le taux global de cotisation vieillesse (base + complémentaire) pour un artisan/commerçant peut représenter environ 20 % à 25 % de son revenu professionnel, selon les tranches et les plafonds.
Nous considérons qu’un suivi rapproché du niveau de cotisations sur plusieurs années, via l’espace en ligne SSI ou Urssaf, est indispensable pour ne pas subir des “trous” de validation de trimestres faute de cotisations suffisantes.
Lien direct entre cotisations, trimestres et points
La logique économique pour un TNS est simple : plus les cotisations sont élevées, plus le nombre de trimestres et de points retraite augmente, et plus le montant de la pension sera élevé. À l’inverse, choisir un revenu artificiellement bas pour limiter les charges sociales, notamment en SARL ou EURL, réduit mécaniquement la retraite future.
- Arbitrage court terme / long terme : privilégier la trésorerie aujourd’hui ou l’augmentation de la pension demain.
- Optimisation : chercher un équilibre entre rémunération (soumise à cotisations) et dividendes (moins contributifs pour la retraite), surtout en SASU ou SARL.
- Simulation : tester plusieurs niveaux de revenu dans un simulateur de cotisations comme celui proposé par le CPSTI sur le site mon-entreprise.urssaf.fr, qui indique le nombre de trimestres et de points potentiels.
Notre recommandation : au‑delà d’un certain seuil de confort, il est souvent pertinent de relever volontairement sa base de cotisation retraite, plutôt que de maximiser uniquement les distributions de dividendes ou les optimisations fiscales de court terme.
Cotisations obligatoires et dispositifs facultatifs
Les cotisations retraite obligatoires ne suffisent généralement pas à garantir une pension alignée sur le niveau de vie visé. Les TNS disposent de plusieurs outils facultatifs pour compléter leur retraite, avec des avantages fiscaux significatifs.
- PER individuel : introduit par la loi Pacte en 2019, remplaçant les anciens contrats Madelin, il permet de déduire les versements de son revenu imposable (dans certaines limites), puis de percevoir les sommes à la retraite sous forme de rente ou de capital.
- Contrats Madelin historiques
- Assurance-vie orientée retraite
- Immobilier locatif (résidentiel ou professionnel)
Les cotisations facultatives sur un PER ou un contrat Madelin peuvent être intégrées dans la simulation retraite TNS : un effort d’épargne de 300 € par mois pendant 20 ans, avec un rendement annuel net de 3 % à 4 %, peut générer un capital de plusieurs dizaines de milliers d’euros, transformable en rente de complément de 300 à 500 € par mois à la retraite, selon les hypothèses.
Repères chiffrés et ordres de grandeur
Pour un TNS, il est utile d’avoir quelques repères :
- Pension moyenne : les indépendants affichent une pension globale souvent 20 % à 30 % inférieure à celle des anciens salariés, selon les statistiques du ministère des Solidarités.
- Cotisation annuelle : un TNS avec 40 000 € de revenu peut verser, tous régimes confondus, entre 8 000 et 10 000 € de cotisations retraite (base + complémentaire).
- Taux global : la part retraite dans les cotisations sociales totales peut représenter près d’un tiers, les deux autres tiers couvrant maladie, allocations familiales, CSG‑CRDS, etc.
Nous estimons que ces ordres de grandeur justifient pleinement l’usage de simulateurs d’organismes spécialisés – par exemple ceux de AG2R La Mondiale ou de Banque Populaire – pour objectiver la “rentabilité implicite” des cotisations et calibrer l’effort d’épargne privée complémentaire.
Compléments de retraite pour TNS : solutions et avantages #
Face à la faiblesse relative du montant moyen de pension des TNS, la mise en place de compléments de retraite devient un axe stratégique central. Nous constatons, dans les audits patrimoniaux, que beaucoup de dirigeants se reposent trop sur la valeur de leur entreprise ou de leur immobilier professionnel, sans structurer une épargne retraite dédiée.
Pourquoi la retraite obligatoire est rarement suffisante
Un TNS ayant perçu 3 500 € net par mois pendant sa carrière vise souvent un revenu de retraite de 2 500 € à 3 000 € pour maintenir un niveau de vie comparable, surtout en région urbaine comme l’Île‑de‑France ou la Métropole de Lyon. Or, la combinaison base + complémentaire, pour ce profil, dépasse rarement 1 800 à 2 000 €.
- Écart de remplacement : le taux de remplacement (pension / dernier revenu) d’un TNS se situe fréquemment entre 40 % et 50 %, contre 60 % à 75 % pour certains salariés fonctionnaires ou assimilés.
- Risque : baisse de niveau de vie, incapacité à maintenir certains postes de dépenses (loyer ou crédit immobilier, études d’enfants, voyages).
- Réponse : construction d’une retraite complémentaire privée via un PER, de l’assurance-vie, ou des actifs immobiliers générateurs de loyers.
À notre sens, ne compter que sur la vente de l’entreprise ou du fonds de commerce au moment du départ expose à un risque de marché. Une baisse de valorisation sectorielle – observée par exemple en 2020 dans certains commerces de centre‑ville – peut remettre en cause tout l’équilibre du projet de retraite.
Principaux compléments de retraite à disposition des TNS
Les TNS disposent de plusieurs leviers complémentaires, qui peuvent être articulés entre eux :
- PER individuel : produit phare depuis 2019, porté par des acteurs comme BNP Paribas, Crédit Agricole, Generali, Swiss Life ou des fintechs spécialisées. Les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond (10 % des revenus professionnels, avec un plafond absolu lié au PASS).
- Contrats Madelin existants : encore largement présents chez les TNS qui ont souscrit avant 2019, avec des conditions de sortie en rente principalement.
- Assurance-vie longue durée : très flexible, avec une fiscalité avantageuse après 8 ans, utilisée par de nombreux TNS comme outil de capitalisation retraite.
- Immobilier locatif : acquisition d’un logement à Bordeaux, Nantes ou Toulouse, destiné à fournir une rente locative à la retraite, éventuellement via des dispositifs comme le Pinel (jusqu’en 2024), ou le meublé non professionnel (LMNP).
La simulation retraite TNS doit intégrer ces compléments : beaucoup de simulateurs d’assureurs ou de banques proposent d’ajouter un effort d’épargne mensuel, un rendement anticipé et une durée, pour estimer la rente complémentaire générée.
Avantages fiscaux et impact d’un effort d’épargne régulier
Les produits de retraite complémentaire offrent des avantages fiscaux significatifs, que nous ne devrions pas négliger :
- Déductibilité des versements PER : un TNS imposé à 30 % qui verse 6 000 € par an sur un PER réduit son impôt de 1 800 €, ce qui abaisse son coût net à 4 200 €.
- Fiscalité à la sortie : la rente ou le capital du PER est imposé, mais souvent dans une phase de vie où votre taux marginal d’imposition est plus faible.
- Transmission : l’assurance-vie et certains PER offrent des cadres favorables pour transmettre le capital à des bénéficiaires, avec des abattements.
Un effort mensuel de 300 € pendant 20 ans, avec un rendement annuel net de 3 %, génère un capital d’environ 98 000 €. Transformé en rente à 65 ans, avec un taux de conversion de 4 %, cela donne une rente de près de 3 900 € par an, soit environ 325 € par mois, en complément de la retraite obligatoire. Nous considérons que ce type de dispositif change réellement la donne pour un TNS.
Architectures complètes de retraite pour différents profils de TNS
Pour rendre les choix plus concrets, envisageons trois profils :
- TNS à revenus modestes (20 000 € par an) : cotisations obligatoires limitées, pension de base modérée, nécessité de sécuriser quelques compléments via un PER modeste (100 € par mois) et une épargne de précaution, objectif de retraite autour de 1 200 €.
- TNS à revenus intermédiaires (40 000 € par an) : pension de base + complémentaire estimée autour de 1 600 à 1 900 €, complétée par un PER à 300 € par mois et une assurance-vie aboutissant à une retraite globale de 2 200 à 2 500 €.
- TNS à hauts revenus (80 000 € par an) : plafond des droits obligatoires atteint, nécessité d’un PER maximal, d’une stratégie immobilière locative et d’une diversification financière, pour viser un revenu global de retraite supérieur à 4 000 € par mois.
Notre avis : plus les revenus sont élevés, plus le différentiel entre retraite obligatoire et niveau de vie antérieur est large, et plus la structuration de compléments devient décisive.
Erreurs fréquentes lors de la simulation de retraite TNS #
Une simulation mal paramétrée peut conduire à des décisions hasardeuses. Nous voyons régulièrement plusieurs erreurs récurrentes chez les TNS, qui faussent la perception de leur futur niveau de vie.
Sous-estimer l’impact des trimestres manquants
Partir avec des trimestres insuffisants entraîne un double effet négatif : décote sur le taux de liquidation et proratisation défavorable. Concrètement, un TNS qui part avec 150 trimestres validés alors qu’il en faudrait 166 subit une réduction durable de sa pension.
- Avant : base théorique à taux plein de 18 000 € par an.
- Après : avec 16 trimestres manquants, décote de 20 % (16 × 1,25 %), taux effectif de 40 % au lieu de 50 %, plus proratisation 150/166, soit une pension de base ramenée autour de 13 000 à 14 000 € par an.
Nous considérons que c’est un cas typique où un rachat partiel de trimestres, ou un report de 2 à 3 ans du départ, peut avoir un impact financier très significatif sur toute la durée de la retraite.
Oublier certaines périodes ou régimes
Beaucoup de TNS ont eu, au début de carrière, des périodes de salariat, parfois à l’étranger ou dans des secteurs variés. Ne pas les intégrer dans la simulation revient à sous‑estimer ses droits.
- Périodes de salariat : cotisations dans le régime général (CNAV) qui ajoutent des trimestres et augmentent le revenu annuel moyen.
- Chômage indemnisé : validation de trimestres sans cotisations directes, à ne pas négliger.
- Études supérieures : possibilité de rachat de trimestres d’études pour certaines périodes, dispositif encadré par la CNAV.
Nous encourageons à consulter soigneusement le relevé de carrière inter-régimes via Info‑retraite, et à demander la correction de toute anomalie plusieurs années avant l’âge envisagé de départ.
Utiliser des hypothèses de revenus irréalistes
Une simulation basée sur une croissance de revenus de 5 % par an sur 20 ans, dans un contexte économique incertain, peut conduire à une surestimation nette de la future pension. À l’inverse, un scénario excessivement pessimiste peut inciter à des sacrifices de consommation aujourd’hui, inutiles.
- Scénario prudent : revenus constants en euros réels, retraite à l’âge légal, sans surcote.
- Scénario médian : légère progression de revenus, un ou deux années de travail supplémentaires pour profiter d’une surcote.
- Scénario optimiste : forte croissance d’activité, revalorisations annuelles des droits, mais qui doit rester cohérent avec votre secteur (services numériques, professions libérales, commerce).
Nous recommandons de comparer ces trois scénarios pour mesurer la sensibilité de votre future pension aux trajectoires de revenus, plutôt que de se fier à une seule hypothèse.
Oublier l’inflation et l’érosion du pouvoir d’achat
Raisonner uniquement en euros courants conduit à une vision trompeuse. Une retraite de 2 000 € par mois dans 20 ans n’aura pas le même pouvoir d’achat qu’aujourd’hui, si l’inflation moyenne se situe entre 2 % et 3 % par an, comme l’indiquent régulièrement la Banque de France et l’INSEE.
- Indexation des pensions : la plupart des pensions sont revalorisées, mais parfois en‑deçà de l’inflation.
- Simulation en euros constants : ajuster les montants pour raisonner en pouvoir d’achat actuel.
- Stratégie d’épargne : privilégier des supports capables de battre l’inflation à long terme (unités de compte diversifiées, immobilier).
Nous considérons que les TNS doivent raisonner en niveau de vie réel, et non en montants nominaux, surtout lorsqu’ils visent une retraite à 15 ou 20 ans.
Ne pas intégrer les compléments de retraite dans la vision globale
Une simulation limitée à la seule retraite obligatoire donne une vision incomplète. Le vrai sujet est la retraite globale : base, complémentaire, PER, assurance-vie, immobilier, éventuel cumul emploi‑retraite.
- Vision patrimoniale : additionner pensions, rentes, dividendes éventuels, loyers, pour obtenir un revenu global de retraite.
- Cumul emploi‑retraite : certains TNS choisissent de poursuivre une activité partielle après la liquidation, ce qui modifie la stratégie d’âge de départ.
- Décision d’âge de départ : doit être prise à l’aune de cette vision globale, et non uniquement sur la base de la pension de base.
Nous défendons une approche intégrée : un bilan retraite/patrimonial complet, idéalement réalisé avec un conseiller en gestion de patrimoine ou un expert‑comptable formé aux enjeux de la retraite TNS.
Anticiper le départ à la retraite : choix d’âge et préparation #
Au‑delà des chiffres, la retraite d’un TNS est un projet de vie. La simulation retraite TNS sert à éclairer un choix d’âge de départ, un rythme de transition et une stratégie financière.
Âge légal, âge du taux plein et surcote
Les réformes récentes ont modifié les bornes d’âge de départ. Pour les TNS, les règles sont alignées sur le régime général :
- Âge légal de départ : progressivement relevé à 64 ans pour les générations nées après 1968, selon la réforme de 2023.
- Âge du taux plein automatique : 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres.
- Surcote : augmentation du taux de pension de 1,25 % par trimestre supplémentaire au‑delà des trimestres requis et de l’âge légal.
Nous estimons que beaucoup de TNS sous‑utilisent la possibilité de surcote, alors qu’une prolongation de 2 ou 3 ans d’activité, à temps partiel ou avec un rythme allégé, peut significativement booster la pension à vie.
Choisir son âge de départ : arbitrage entre temps libre et pension
La simulation retraite TNS permet de visualiser l’évolution du montant de la pension en fonction de l’âge de départ. Un départ à 62 ans, lorsqu’il était possible, ou à 64 ans aujourd’hui, n’a pas le même impact qu’un départ différé à 66 ou 67 ans.
- Départ anticipé : plus de temps libre, mais pension plus faible, et moindre capacité à épargner.
- Départ à l’âge légal : compromis entre santé, projets personnels, et sécurité financière.
- Départ différé : pension plus élevée, mais gain de temps libre repoussé, ce qui doit être mis en regard de votre état de santé et de vos envies.
Nous encourageons une approche nuancée : le passage progressif à une activité réduite, plutôt qu’un arrêt brutal, en combinant éventuellement cumul emploi‑retraite et phase de “test” de vos besoins réels de revenus.
Préparer financièrement la transition
Une retraite réussie se prépare 5 à 10 ans en amont. À ce moment, la simulation devient un outil d’ajustement fin, plus qu’un simple diagnostic.
- Réduction de l’endettement : essayer de terminer le remboursement des gros crédits (résidence principale, immobilier professionnel) avant le départ.
- Lissage de la baisse de revenus : progressivement diminuer votre niveau de vie pour l’adapter au revenu cible, ou augmenter l’épargne pendant les dernières années de forte capacité de gain.
- Fiscalité : anticiper l’imposition des pensions, des rachats de PER, de la cession de l’entreprise ou du fonds de commerce, avec l’aide d’un expert.
Nous recommandons un bilan complet à horizon 55‑58 ans pour les TNS, associant un expert‑comptable, un conseiller en gestion de patrimoine et, lorsque c’est pertinent, un avocat fiscaliste.
Études de cas et points de vue d’experts
Pour conclure, évoquons trois situations typiques :
- Artisan boulanger à Lille, né en 1964, part à 62 ans avec une pension globale de 1 400 € par mois, après une carrière avec de nombreuses années de revenus modestes. L’expert‑comptable, membre de l’Ordre des experts‑comptables, avait alerté dès 55 ans sur la faiblesse de ses droits ; faute d’épargne complémentaire, il doit accepter un niveau de vie plus bas et recourt à un cumul emploi‑retraite partiel.
- Avocate libérale à Paris, affiliée à la Caisse Nationale des Barreaux Français (CNBF), décale son départ à 67 ans. Grâce à la surcote et à un PER alimenté à hauteur de 500 € par mois pendant 15 ans, sa pension globale atteint plus de 3 500 € par mois. Un conseiller en gestion de patrimoine certifié CIF l’a accompagnée pour optimiser ses versements et l’arbitrage entre PER et assurance-vie.
- Consultant indépendant affilié à la Cipav, basé à Lyon, choisit un cumul emploi‑retraite en poursuivant une activité à mi‑temps après 64 ans. Sa simulation avait montré qu’un arrêt net à 64 ans le positionnait à 1 800 € par mois, insuffisant pour couvrir ses projets de voyages ; avec l’activité partielle, il maintient un revenu global de 2 500 € et conserve une flexibilité professionnelle.
Les spécialistes de la retraite TNS, qu’ils exercent au sein de groupes comme AG2R La Mondiale ou de cabinets indépendants, partagent le même diagnostic : la simulation régulière et l’anticipation patrimoniale transforment radicalement la qualité de la retraite des indépendants.
Conclusion : optimiser votre retraite TNS grâce à la simulation #
La retraite TNS repose sur une architecture complexe – base, complémentaire, systèmes à trimestres et à points – et sur des règles qui évoluent, comme l’a montré la réforme de 2023. Pour ne pas subir ces mécanismes, nous devons en reprendre le contrôle. Comprendre votre régime de retraite TNS, suivre vos cotisations, maîtriser la logique du taux de liquidation, du nombre de trimestres requis et de la valeur des points, constitue le socle d’une stratégie solide.
- Étape 1 : récupérer votre relevé de carrière complet via Info‑retraite et vérifier vos trimestres et points.
- Étape 2 : réaliser une première simulation de retraite avec un simulateur officiel ou celui d’un acteur spécialisé.
- Étape 3 : mesurer l’écart entre la pension estimée et votre revenu cible, en euros constants.
- Étape 4 : actionner les leviers à votre disposition – rachat de trimestres, ajustement des cotisations TNS, ouverture ou renforcement d’un PER, arbitrage entre rémunération et dividendes, préparation de l’immobilier locatif.
Notre point de vue est sans ambiguïté : la simulation retraite TNS n’est pas un simple exercice administratif, c’est un outil stratégique pour reprendre la main sur votre avenir financier et sur votre projet de vie. La question centrale n’est pas seulement le montant de la pension, mais la liberté que vous souhaitez conserver, la capacité à financer vos projets, à aider vos proches, à choisir votre rythme. Anticiper, simuler, ajuster, nous permet, en tant que TNS, de transformer une contrainte en levier de choix.
Plan de l'article
- Retraite TNS : Simulation et Calculs pour Maximiser Votre Avenir
- Comprendre le régime de retraite des TNS
- Simulation de retraite TNS : objectifs et méthodologie
- Le calcul des droits à retraite : étapes clés
- Les cotisations retraite des TNS : un investissement stratégique
- Compléments de retraite pour TNS : solutions et avantages
- Erreurs fréquentes lors de la simulation de retraite TNS
- Anticiper le départ à la retraite : choix d’âge et préparation
- Conclusion : optimiser votre retraite TNS grâce à la simulation